laissez un commentaire

Veuillez noter que les commentaires doivent être approuvés avant d'être publiés.

Par Hélène Blondel Salaün, le 20 octobre 2025

Quels sont les perturbateurs endocriniens dans les cosmétiques ?

Dans l’alimentation, dans les produits ménagers, dans l’eau… Les perturbateurs endocriniens sont omniprésents, et les cosmétiques ne font pas exception à la règle ! Ces substances s’invitent très souvent dans les formules de soins, et ce n’est pas une très bonne nouvelle pour votre peau. Faisons le point sur les perturbateurs endocriniens en cosmétique et comment les identifier pour mieux les éviter. Objectif : une routine beauté la plus saine possible !

Sommaire

  1. Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?
  2. Quels sont les principaux perturbateurs endocriniens présents dans les cosmétiques ?
  3. Comment reconnaître et éviter les perturbateurs endocriniens ?
  4. Comment composer sa routine de soins sans perturbateurs endocriniens ?

Qu’est-ce qu’un perturbateur endocrinien ?

Un perturbateur endocrinien (PE) est une substance chimique ou naturelle capable d’interférer avec le système hormonal. Pour faire simple, imaginez vos hormones comme des petits messagers qui circulent dans votre corps pour transmettre des informations importantes. Ils peuvent indiquer à l’organisme qu’il est temps de grandir, de réguler son métabolisme, d’assurer la reproduction…

Le problème, c’est que les perturbateurs endocriniens sont des substances étrangères à l’organisme qui peuvent :

  • imiter une hormone et déclencher des réactions non désirées ;
  • bloquer l’action d’une hormone naturelle en prenant sa place ;
  • perturber la production ou l’élimination des hormones.

Pourquoi s’en préoccuper ? Car une telle perturbation peut avoir des conséquences importantes sur tous les êtres humains, spécialement chez les femmes enceintes, les bébés et les enfants dont le système endocrinien est encore en développement.

Quels sont les principaux perturbateurs endocriniens présents dans les cosmétiques ?

Maintenant que vous en savez plus sur le sujet, voici les perturbateurs endocriniens que vous risquez de croiser fréquemment en cosmétique.

Les parabènes

Où se trouvent-ils ? Dans les crèmes, les shampoings, les gels douche, le maquillage… Bref, dans la grande majorité des produits d’hygiène et de beauté.

Quel est leur rôle ? Ces conservateurs synthétiques empêchent le développement de bactéries et de champignons dans les cosmétiques. Ce qui semble plutôt utile !

Comment les repérer ? Facile ! Ils se terminent tous par -paraben : methylparaben, ethylparaben, propylparaben, butylparaben, sans oublier leurs dérivés sodium ou potassium (comme sodium methylparaben) sont donc tous des parabènes.

Pourquoi s’en méfier ? Les parabènes, et surtout ceux à chaîne longue (butylparaben, propylparaben), peuvent imiter l’action des œstrogènes. Des études suggèrent d’ailleurs qu’ils peuvent nuire à la fertilité et être liés aux cancers hormono-dépendants*.

D’ailleurs, depuis 2014, les ingrédients butylparaben et propylparaben sont interdits dans les produits sans rinçage destinés aux enfants de moins de 3 ans.

Les phtalates

Où se trouvent-ils ? Principalement dans les vernis à ongles (pour éviter qu’ils s’écaillent) et les parfums (comme fixateurs).

Quel est leur rôle ? Ce sont des plastifiants qui rendent les produits plus souples et durables. Dans les parfums, ils permettent à la fragrance de tenir plus longtemps.

Comment les repérer ? C’est assez difficile ! Vous pouvez les trouver sous le nom de « diethyl phthalate » dans la liste INCI, mais ils peuvent aussi se cacher derrière les mentions « parfum » ou « fragrance ». En effet, pour conserver leurs secrets de fabrication, les industriels n’ont pas l’obligation de dévoiler la composition exacte des parfums.

Pourquoi s’en méfier ? Les phtalates sont reconnus comme perturbateurs endocriniens. Ils peuvent perturber le développement du fœtus, provoquer une puberté précoce chez les filles et inhiber le développement sexuel des garçons. C’est pourquoi de nombreux phtalates sont bannis de l’Union européenne**.

Zoom sur des tubes de dentifrices ayant du triclosan

Le triclosan

Où se trouve-t-il ? Dans les savons antibactériens, les dentifrices, les déodorants et certains produits de maquillage.

Quel est son rôle ? Il s’agit d’un puissant agent antibactérien qui tue bactéries et microbes.

Comment le repérer ? Directement sous le nom « triclosan » dans la liste INCI.

Pourquoi s’en méfier ? Ce perturbateur endocrinien agit non seulement sur les œstrogènes, mais aussi sur la fonction thyroïdienne. Il s’accumule dans les tissus graisseux et perturbe l’équilibre hormonal. Lui, il vaut mieux l’éviter à tout prix !

Les BHA et BHT

Où se trouvent-ils ? Dans certains produits, ils sont utilisés comme conservateurs et agents parfumants.

Quel est leur rôle ? Ce sont des antioxydants synthétiques qui empêchent l’oxydation des produits.

Comment les repérer ? Sous les noms « BHA » (Butylated Hydroxyanisole) ou « BHT » (Butylated Hydroxytoluene). Attention à ne pas confondre le BHA avec l’acide salicylique, qui fait partie de la famille des bêta-hydroxy-acide, appelé fréquemment BHA. Ce n’est pas celui-ci qu’il faut traquer !

Pourquoi s’en méfier ? Le BHA est considéré comme un « cancérogène possible » et ces deux substances sont suspectées d’être des perturbateurs endocriniens***. Ils peuvent provoquer des réactions allergiques et sont toxiques pour le foie et les reins****.

Les siloxanes cycliques

Où se trouvent-ils ? Dans les shampoings, les crèmes, les déodorants, les fonds de teint… En somme, vous les trouverez dans de nombreux soins cosmétiques !

Quel est leur rôle ? Ces silicones améliorent la texture des produits, pour une application fluide et un fini non-gras.

Comment les repérer ? Dans la liste INCI, cherchez « cyclopentasiloxane », « cyclotetrasiloxane » ou encore « cyclomethicone ».

Pourquoi s’en méfier ? Les siloxanes cycliques ont montré des propriétés de perturbation endocrinienne. Ils présentent également un risque en cas d’inhalation, notamment via les produits en spray et en poudre*****.

Le phénoxyéthanol

Où se trouve-t-il ? Dans de nombreux cosmétiques que vous pourriez utiliser ! Des crèmes de jour, des crèmes de nuit, des démaquillants, des shampoings, des gels douche, et même certaines lingettes.

Quel est son rôle ? C’est un conservateur synthétique très efficace, car il empêche le développement des bactéries et des champignons. Il est souvent utilisé en guise d’alternative aux parabènes.

Comment le repérer ? Il apparaît directement sous le nom « Phenoxyethanol » dans la liste INCI.

Pourquoi s’en méfier ? Bien que moins controversé que les parabènes, le phénoxyéthanol reste néanmoins à surveiller. En effet, il est facilement absorbé par la peau et métabolisé en acide phénoxyacétique, qui peut provoquer des effets neurotoxiques ainsi qu’une toxicité pour le foie. L’ANSM (Agence Nationale de Sécurité du Médicament) le considère comme un perturbateur endocrinien potentiel et recommande de ne pas l’utiliser dans les produits pour le siège des enfants de moins de 3 ans******.

Certains filtres solaires chimiques (organiques)

Où se trouvent-ils ? Dans les crèmes solaires, les fonds de teint avec SPF, certains produits capillaires (ceux avec une protection solaire), et parfois même dans les vernis à ongles pour protéger la formule de la décoloration au soleil.

Quel est leur rôle ? Les filtres solaires chimiques absorbent les rayons ultraviolets (UV) pour protéger la peau des coups de soleil et du vieillissement prématuré.

Comment les repérer ? Cherchez dans la liste INCI les noms « Benzophenone-3 » (Oxybenzone), « Octocrylène », « Homosalate » et « 4-Methylbenzylidene camphor » (4-MBC). Il s’agit des principaux filtres solaires organiques suspectés d’être des perturbateurs endocriniens.

Pourquoi s’en méfier ? Ces filtres UV sont à éviter pour plusieurs raisons. L’Oxybenzone est suspecté d’imiter les œstrogènes, tandis que l’Octocrylène aurait des effets sur la thyroïde et la reproduction. L’Homosalate est un perturbateur potentiel du système hormonal, dont la limite de concentration a déjà été abaissée en Europe suite à cette préoccupation. Enfin, le 4-Methylbenzylidene camphor est interdit dans l’Union européenne depuis le 1er mai 2025 (pour les nouveaux produits) car il serait un important perturbateur endocrinien, mais aussi parce qu'il est suspecté de polluer les milieux aquatiques. Cependant, il est encore utilisé ailleurs dans le monde.

Comment reconnaître et éviter les perturbateurs endocriniens ?

Vous l’aurez déjà compris : les perturbateurs endocriniens présents dans les cosmétiques posent de nombreux risques pour la santé. Mais comment réussir à les esquiver ? Voici quelques bonnes pratiques à adopter.

Apprendre à lire les étiquettes

Savoir décrypter la liste INCI est l’un des meilleurs moyens d’éviter les perturbateurs endocriniens ! Cette liste d’ingrédients (en ordre décroissant de concentration) est obligatoire sur tous les cosmétiques. Ainsi, vous pourrez l’utiliser pour traquer tous les indésirables.

Notre conseil : commencez par vérifier vos produits les plus utilisés (crème de jour, shampoing, gel douche) et voyez s’il est nécessaire d’en changer. Le reste de la routine beauté peut attendre : inutile de tout changer du jour au lendemain !

Privilégier les bons labels

Les labels bio sont aussi d’excellents indicateurs d’une formule plus clean. En effet, ils interdisent la plupart des perturbateurs endocriniens :

  • Écocert (Cosmos Organic et Cosmos Natural) garantit des formules sans parabènes, phtalates ou silicones controversés ;
  • Nature & Progrès est un label strict, qui exclut même certains conservateurs autorisés ;
  • Cosmébio et Natrue sont d’autres labels sur lesquels vous pouvez compter.

Attention : une formule « sans parabènes » ne signifie pas forcément « sans perturbateurs endocriniens » ! Même avec un bon label, gardez toujours un œil sur la liste INCI pour vous assurer qu’aucun ingrédient indésirable ne soit présent.

Simplifier sa routine beauté

Moins, c’est mieux ! Plus vous utilisez de produits différents, plus vous vous exposez à la présence de perturbateurs endocriniens. L’idée ? Choisir quelques produits de qualité plutôt qu’une multitude de soins. L’objectif ? Créer une routine minimaliste qui correspond à votre peau !

Voici quelques recommandations au préalable :

  • privilégiez les produits multi-usages ;
  • évitez les produits « parfumés », sauf si le parfum est 100 % naturel ;
  • méfiez-vous des emballages en plastique, surtout s’ils portent les symboles PET (1) ou PVC 3).

Comment composer sa routine de soins sans perturbateurs endocriniens ?

Chez Mademoiselle Biloba, nous mettons l’accent sur des soins naturels, cleans et sans ingrédients controversés. Ainsi, nos routines visage naturelles sont constituées de produits sans perturbateurs endocriniens et adaptés à tous les types de peau !

Comme les peaux sensibles sont particulièrement exposées aux risques de réactions inflammatoires, le contact avec les perturbateurs endocriniens est encore plus déconseillé. Notre routine pour peaux sensibles vous propose des soins doux, hypoallergéniques et sans perturbateurs endocriniens pour prévenir toutes les irritations.

Dans tous les cas, quelle que soit votre problématique, une routine de soins minimaliste et clean comporte trois étapes :

  • le nettoyage (avec un simple hydrolat le matin, avec un démaquillant et/ou un nettoyant le soir) ;
  • l’hydratation avec son sérum et sa crème visage ;
  • le soin du contour des yeux avec un produit adapté à cette zone fragile.

Et c’est tout ! Si vous avez une peau à imperfections, vous pouvez évidemment ajouter un soin anti-boutons à cette routine quotidienne, mais il n’y a pas besoin d’utiliser 10 produits matin et soir à la manière de la skincare coréenne pour avoir une belle peau.


Éviter les perturbateurs endocriniens n’est finalement pas si compliqué, dès lors que vous savez où chercher ! Chez Mademoiselle Biloba, nous sélectionnons soigneusement nos marques partenaires pour vous proposer des formules saines et efficaces sur toutes les peaux. N’hésitez pas à réaliser notre diagnostic de peau ou à vous rendre dans notre boutique lilloise pour composer votre routine 100 % clean !

Sources

* Hager, Emily, Jiangang Chen, et Ling Zhao. « Minireview: Parabens Exposure and Breast Cancer ». International Journal of Environmental Research and Public Health 19, no 3 (2022): 1873. https://doi.org/10.3390/ijerph19031873.

** Aldegunde-Louzao, Natalia, Manuel Lolo-Aira, et Carlos Herrero-Latorre. « Phthalate Esters in Different Types of Cosmetic Products: A Five-Year Quality Control Survey ». Molecules 29, no 20 (2024): 4823.
https://doi.org/10.3390/molecules29204823.

*** Program, National Toxicology. « Butylated Hydroxyanisole ». In 15th Report on Carcinogens [Internet]. National Toxicology Program, 2021.
https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK590883/.

**** Ren, Jing, Ziang Li, Xiaofen Li, et al. « Exploring the Mechanisms of the Antioxidants BHA, BHT, and TBHQ in Hepatotoxicity, Nephrotoxicity, and Neurotoxicity from the Perspective of Network Toxicology ». Foods 14, no 7 (2025): 1095.
https://doi.org/10.3390/foods14071095.

***** Dodson, Robin E., Marcia Nishioka, Laurel J. Standley, Laura J. Perovich, Julia Green Brody, et Ruthann A. Rudel. « Endocrine Disruptors and Asthma-Associated Chemicals in Consumer Products ». Environmental Health Perspectives 120, no 7 (2012): 935‑43.
https://doi.org/10.1289/ehp.1104052.

****** Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM). « Evaluation du risque lié à l'utilisation du phénoxyéthanol dans les produits cosmétiques ». 1er juin 2012, actualisé le 7 décembre 2016.

visuel coachong de peau gratuit à lille

Diagnostic de peau en ligne

Des doutes sur votre routine ? En quelques minutes, découvrez la meilleure routine minimaliste pour votre peau !